«Entre Africains, nous nous connaissons très peu»

Réalisée par Danielle Engolo de AL BAYANE

Mieux se connaitre par la culture, voilà une passion que partagent certains Subsahariens installés au Maroc ainsi que des Marocains. A l’heure où le Maroc a réintégré sa famille africaine, connaitre et faire connaitre la culture marocaine et maghrébine en général ainsi que la culture des pays subsahariens est une nécessité. Emmanuel Ngapela, un Congolais installé au Maroc et co-fondateur d’Africa Culture Days, apporte des détails sur ce projet fédérateur, qui a non seulement pour but de favoriser la compréhension et le vivre ensemble, mais aussi de contribuer au développement économique du continent.   Les    propos:

Emmanuel Ngapela, Co-fondateur d’Africa Culture Days,

Al Bayane : Pourquoi avoir initié ce projet ? Un mot sur les organisateurs de cet événement?

Emmanuel Ngapela : Africa Culture Days est le fruit d’une longue réflexion sur les réalités que rencontre notre beau continent, l’Afrique. En effet, nous nous sommes rendu compte qu’entre Africains, nous nous connaissons très peu. Je dirais plutôt que nous avons des préjugés sur d’autres frères Africains alors que nous partageons les mêmes valeurs.Nous avons donc voulu fédérer les Africains autour d’un événement culturel pour apprendre à se connaître,et à partager ce qui nous fait vibrer : la musique, le design, la mode etc.

Africa Culture Days est organisé par Africanlab,une association de professionnels et de start-up(s) africaines installée à Casablanca, dont je suis le président et qui a pour prérogative de contribuer activement au développement du continent africain à travers l’Entrepreneuriat, l’Education et la Promotion des industries culturelles et créatives. Nous voulons ainsi porter l’image d’une Afrique dynamique,engagée dans son développement,unie et innovante.

Africa Culture Days est aussi le fruit d’une réflexion avec des personnes qui portent l’Afrique dans leurs cœurs tels que : Rabii El Mourabite, Hicham Lahlou, Hicham Mekouar, Adil Lamnini, Oussama El Karkouri, membre du comité d’organisation. D’ailleurs, ceux que je n’ai pas cités sont nombreux ; mais c’est aussi grâce aux rencontres que j’ai eues avec ces personnes que ce projet voit le  jour.

Al Bayane : Pourquoi les avoir appelées « Africa Culture Days » et pourtant, dans le programme sont prévues des conférences économiques et des ateliers techniques  ?

Africa Culture Days comme le dit si bien le nom, sont des journées africaines de la Culture. Nous ne voulons pas seulement fêter la culture africaine mais aussi sensibiliser,former et montrer au monde que la culture africaine peut être un moteur pour la croissance de son économie. C’est la raison pour laquelle nous avons intégré la partie Forum économique pour discuter autour de l’apport des industries culturelles et créatives de l’Afrique et trouver des solutions pour que ce soit un vrai pilier économique comme en Asie et en Europe. Les industries culturelles africaines ne sont pas considérées à leur juste valeur alors qu’elles peuvent et doivent être un moteur de développement économique et social.

Al Bayane : Pourquoi avoir choisi Casablanca, Abidjan et Brazzaville ?

Le choix de ces trois pays est très stratégique. Tout d’abord, d’un point de vue culturel, ce sont trois carrefours incontournables en matière d’industrie culturelle en Afrique. D’un point de vue économique,ce sont trois carrefours économiques importants dans leurs sous-régions respectives. Parailleurs, ces pays offrent toutes les commodités nécessaires à la réalisation de cet événement.

Enfin,ces trois capitales sont représentatives de trois principales cultures qui peuplent l’Afrique. Casablanca pour la culture du Maghreb, Abidjan pour la culture ouest-africaine,et Brazzaville pour la culture de l’Afrique centrale.

Al Bayane : Vous inviterez des artistes de part et d’autres. Qui des artistes marocains et subsahariens installés au Maroc dans le cadre de l’organisation de ce carrefour à Casablanca ?

En effet,nous tenons premièrement à l’émergence de nouveaux talents mais aussi à leur formation. C’est pourquoi dans les 3 pays où nous irons, il y’aura des guest-stars mais beaucoup plus de talents locaux qui bénéficieront des « Masters Class » et ainsi, de l’expérience de ces grands artistes qui ont marqué le monde par leurs incroyables  talents.

Al Bayane : Quel est l’objectif de l’organisation de cet événement à Casablanca, notamment dans le cadre du partenariat Maroc- Afrique ?

Cet événement se veut fédérateur de toutes les bonnes volontés qui souhaitent une Afrique unie et unifiée à travers la Culture. Le choix du Maroc est une évidence au regard de la volonté de sa Majesté le Roi Mohamed VI qui a initié depuis des années divers projets tant économiques que sociaux,posant ainsi les premiers jalons de cette Afrique solidaire et épanouie.

Le choix de Casablanca s’est imposé à nous de par sa diversité économique, culturelle et sociale. Casablanca étant un carrefour essentiel qui reflète la multiplicité de diverses origines (africaines, européennes etc.).

Al Bayane : L’organisation de cet événement à partir du Maroc est-elle une opportunité pour toucher tous les pays africains ?

Bien évidemment. Et nous aurions aimé pouvoir toucher plus de pays,mais c’est notre objectif pour les éditions prochaines. Nous en sommes d’autant plus convaincus aujourd’hui avec la réintégration du Maroc au sein de sa famille africaine.

Al Bayane : Comment se fera l’organisation de ce Salon au Congo et en Côte d’Ivoire ? Avez-vous des partenaires là-bas  ?

Nous avons des partenaires qui nous soutiennent dans l’organisation de cet événement. Nous restons cependant ouverts pour tous ceux qui souhaitent nous accompagner dans cette aventure.

Al Bayane : Quelles sont vos ambitions en termes de chiffres pour cet événement dans les trois capitales culturelles ?

Il nous est difficile de communiquer des chiffres fiables à ce stade du projet. Cet événement est l’occasion pour nous de toucher toute l’Afrique et de sensibiliser sur l’importance des richesses culturelles du continent. Nous espérons susciter et intéresser un maximum de personnes dans toute l’Afrique et au-delà.
En termes de réalisation, Africa Cultural Days sera l’occasion de susciter des vocations auprès de 1000 jeunes talents à travers l’Afrique et de pouvoir les soutenir dans la réalisation de leurs projets.

Bio-express

Emmanuel Ngapela est né en 1989 à Brazzaville (République du Congo) où il effectue son parcours scolaire (jusqu’au secondaire). Il s’installe au Maroc pour ses études supérieures en IT et décide d’entreprendre. Chose faite : en 2013, l’entité Freeconcept.ma qui accompagne les entreprises dans les Systèmes d’information et dans le Branding digital. Il est aussi co-fondateur d’Africanlab et président de l’Association Africanlab, une association de professionnels et de start-up africaines implantée à Casablanca et qui a pour prérogative de contribuer activement au développement du continent africain à travers l’Entrepreneuriat, l’Education et la Promotion des indus- tries culturelles et créatives.